A quelques heures des premiers résultats de la Présidentielle française

A l’heure d’écrire ces lignes, les citoyens français se rendent depuis plusieurs heures dans les bureaux de vote, afin de choisir leur candidat idéal à la Présidence. Beaucoup d’appelés et peu d’élus : dès ce soir, neuf des onze candidats seront renvoyés vers leurs foyers et toute l’attention se focalisera sur les deux candidats qui auront récolté le plus de suffrages.

Si l’on se réfère aux sondages, seuls quatre candidats ont une réelle chance d’emporter ce premier tour, les écarts entre les intentions de vote mesurées ces derniers jours étant relativement minces.  Certes, les sondages ne sont jamais qu’une indication, à un moment donné, d’intentions probables de vote et on aurait tort de s’y fier, une surprise est toujours possible.  On se souviendra en effet, que les sondages annonçaient Hillary Clinton à la Présidence des Etats-Unis et, plus proche de nous, un raz-de-marée du parti de Geert Wilders au Pays-bas.  On sait désormais que la Présidence des Etats-Unis est entre les mains du populiste Donald Trump et que nos voisins néerlandais se sont majoritairement prononcés en faveur de partis libéraux et de formations à fibre sociale et/ou écologiste telle que D66, un parti que je vous invite à découvrir (site internet).

C’est la première fois, je pense, qu’une élection présidentielle française déchaîne autant de passions en Belgique et pas seulement au sein de la communauté des Français de Belgique.

Nombreux sont en effet les commentaires, les partages et les soutiens qui fleurissent chaque jour sur nos fils d’actualité.  On aura noté, dans la presse, que les « ténors » des différentes formations politiques belges se sont également prononcés en faveur de l’un ou l’autre candidat (Le Soir en ligne – 14 avril 2017).  C’est ainsi que le MR, DéFI, le CdH mais également l’Open-VLD et le CD&V soutiennent la candidature d’Etienne Macron.  Une délégation de DéFI Jeunes a assisté au meeting de Macron le 17 avril dernier, en compagnie d’Olivier Maingain.

Olivier Maingain à l’Echo (17 avril 2017) : « Entre DéFI et En Marche!, il existe des convergences de réflexion pour dégager enfin de nouveaux équilibres de société. (…) Il est important de nous ancrer parmi des formations politiques pro-européennes, on veut changer l’Europe, mais certainement pas en sortir.« 

Qu’est-ce que j’en pense ?  Emmanuel Macron est diabolisé par la gauche, qui voit en lui un homme de droite, candidat des banques et des lobbies.  La droite le vilipende, voyant en lui un homme de gauche et se plaît à rappeler qu’il a fait partie, horresco referens, du gouvernement de François Hollande, oubliant que des personnalités réputées de gauche ont également été titulaires de portefeuilles ministériels lors de la Présidence de Sarkozy.  Faire ainsi l’objet de critiques, tant à gauche qu’à droite est probablement un bel hommage.  C’est la reconnaissance qu’il y a une place sur l’échiquier politique pour des candidats et des mouvements qui pensent « autrement » et qui ne se retrouvent pas dans cette opposition, finalement paralysante et destructrice, entre la gauche et la droite.  Alors oui, Macron est mon candidat, sans hésitation.

Et pourquoi pas Fillon ?  J’aurais pu soutenir, sans réserve, un candidat des Républicains comme Alain Juppé, moins radical, plus ouvert et incarnant une version plus moderne du libéralisme qu’un conservateur comme François Fillon.  Parce qu’à mes yeux, il s’agit bien de cela.  Fillon est le candidat d’une droite conservatrice et poussiéreuse, incapable d’apporter des réponses aux questions de notre temps.  Ses prises de position aux côtés des militants du mouvement « Sens commun » sont inacceptables et frisent l’homophobie.  Je rappelle à ce titre que je me suis toujours clairement positionné en faveur du mariage pour tous, je suis également favorable à l’adoption par des couples homosexuels.  Ses prises de position en matière de sécurité et de justice n’ont parfois rien à envier à l’extrême droite.  Il est d’ailleurs assez indécent de constater que le « candidat Fillon » n’a pas hésité un seul instant à surfer sur la vague sécuritaire, à l’image de Le Pen, au lendemain de l’attentat meurtrier contre les deux policiers sur les Champs-Elysées.  Il est tout aussi indécent de demander aujourd’hui un renforcement des forces de police (ce que je soutiens par ailleurs) alors que les coupes budgétaires du Gouvernement Fillon (il était alors Premier Ministre) les ont justement déforcées !  La répression, et le renforcement des moyens en sa faveur, n’aura jamais de sens que si elle est précédée d’une juste prévention, mesurée et humaine.  C’est bien ce qui différencie la gauche de la droite et justifie un engagement comme le mien : le « tout au sécuritaire » et l’angélisme sont les meilleurs ennemis du « vivre ensemble ».

Je suis profondément choqué de voir, dans la clientèle électorale d’un François Fillon, que plusieurs de ses soutiens, et cela se confirme dans les commentaires sur les réseaux sociaux, sont prêts à se rabattre sur l’extrême droite au deuxième tour, si leur candidat en venait à ne pas passer le premier tour (la preuve ici).  Pour moi, cela suffit à le discréditer définitivement et le rend indigne de la fonction.

Quel est le meilleur programme ?  Peu d’internautes ont, je pense, fait l’effort de lire et d’analyser les programmes des différents candidats, préférant pour la plupart surfer sur la vague du buzz et des considérations à l’emporte-pièces.  Il existe de nombreux comparatifs sur différents médias, je vous livre celui qui m’a été envoyé ce matin par un de mes contacts Facebook, suite à une conversation au sujet de la présidentielle française (découvrez-le en cliquant ici).  Je vous invite également à découvrir le programme d’Emmanuel Macron, disponible en téléchargement (cliquer ici) sur le site de son mouvement, En Marche !

Comme lors des élections en Belgique, de nombreux tests permettant de s’identifier à l’un ou l’autre candidat ont également fleuri sur les réseaux sociaux.  Il se retrouvent en ligne dans la plupart des médias français.  J’ai fait la plupart d’entre eux, avec les résultats les plus éclectiques.  A l’instar des différents sondages, ces tests sont assez réducteurs et je dois souvent choisir mes réponses par défaut.  Un prochain article pourrait consister à me soumettre aux questions d’un de ces tests, pour le plaisir du commentaire et une bonne manière de faire connaître, à ceux qui me suivent et me lisent, quelles sont les valeurs qui sont les miennes.

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